12.05.2012

Des Femmes en politique

baiesdeviorne1.jpgOn apprécie leurs beaux sourires. Les temps sont durs et la politique représente un ordre suffisamment rasant  pour qu’on ait l’envie de remarquer ce petit détail. Et si elles troquent pour la plupart un sourire contre un souci, profitons-en.  N’en déplaise aux ronds de cuir et autres têtes chercheuses de ministères, il est fort apaisant de voir s’afficher sur les frimousses de ces futures dames élyséennes une autre expression que celles rencontrées aux « enterrements de première classe ».

Le printemps sort ses dernières recettes à flanc de haies, et loin, très loin des villes que la pollution rend si inhospitalières, des foules d’oiseaux se jettent sur les baies de viornes, dégustant un savourant dessert, que le soleil a décoré de sucre.

Et pendant ce temps Babel se fissure…

Le monument européen risque à tout moment de s’effondrer, au nez et à la barbe de politiciens si tristement éloignés des fondations de l’Europe. Songer réellement à celles et à ceux qui ont fait la richesse du monument (soit chaque européen), n’est-ce pas replacer l’humain, et non l’argent, au centre du chantier de reconstruction ?

 

Ophélie Grevet©

 

politique femmes.jpgLes premières femmes au Gouvernement (France 1936-1981)*

« Elles sont 3, Cécile Brunschvicg, Suzanne Lacore et Irène Joliot-Curie, à entrer dans le gouvernement du Front populaire. Ainsi en a décidé le président du Conseil, Léon Blum, passé de 1 à 2, puis à 3 (à la demande d’Édouard Daladier, qui souhaitait la présence d’une radicale et proposa Cécile Brunschvicg). Cadeau compensatoire ? Somnifère pour féministes ? La sincérité du « féminisme » de Léon Blum fait débat [6]. Vieux partisan du suffrage féminin qui figure au programme de la Section française de l’Internationale ouvrière (SFIO) depuis 1906, il ne compte pas réaliser cette promesse, en raison de l’opposition du parti radical [7], mais il veut néanmoins accomplir un geste symbolique. »*

Christine Bard©

http://www.histoire-politique.fr/index.php?numero=01&...

 

simon-runting.jpgA propos de « Babel » Ernest Hello* (1828-1885) écrit :

« Les bases du monument n’étant pas posées, chacun lance une pierre au hasard, avec un geste grimaçant, pour voir si de toutes ces pierres il résultera un édifice. »**

Photo de Simon Runting.

27.04.2012

Vous avez dit Culture...?

scott prior2.jpg

 

Pas assez fort sans doute.

Glaise, béton, factures, crise, laitues, tissus, finance, crocodile, croisée, cimetière, carottes, purée, potier, tour à pied, HLM, marmelade, esprit frappeur et, rideau.

Le baron Corvo refuse de marcher au pas. Il se repose avec son corbeau au carré des indigents.

Pelouse, jonquille, jaune poison, pied d'alouette, vase de Vix, gauloise filtre, garnement, bitume, accessoires, patates à l'eau, viande verte, poisson chat, bilbiothèque.

Attendre que le printemps daigne se manifester.

L'année prochaine, peut-être... ou à la saint Glin-Glin.

Ophélie Grevet ©

Tableau de Scott Prior


 

25.04.2012

Poker...

william gedney2.jpgAprès la « pomme » de Jacques Chirac, le vin est tiré il faut trinquer. Le jus est amer, on boit la tasse en cochonnant sa chemise.

Au passage, on s’étouffe. Que se passe-t-il donc, quand un président de la République organise un meeting dans une ville de banlieue à nom de jumeau, et fait moult génuflexions à un quidam sorti des rangs serrés du Centre ? – Mon ami, mon ami Z… clame le président. Il interpelle Zorro ou quoi ? Dans un premier temps on croit rêver… et l’on écoute la révélation du jour, échappée du bon sens des gens d’en bas : « Le Centre et l’UMP c’est la même bande. Ils sont copains comme cochons ! ».

L’heure n’est plus au sondage, mais au combat. Le jour J approche, et la partie ne fait que commencer. Partie de poker, où le Président sortant, installé à la droite de son partenaire de droite, joue son va-tout sans panache. Un pays à tête de brelan, on grossit la mise sans voir. Petite stratégie, l’ami. On ne surestime pas son jeu aussi grossièrement. Mauvais bluff, souffle l’invité-surprise… -Passez la main, passez-la, je vous en conjure. Le joueur Président refuse. Il veut rafler toute la mise, et renvoie le chanteur de charme à ses micros… Sur sa gauche, un homme en lice regarde son jeu sans conviction. Il a d’autres soucis en tête. Relever un pays, rétablir la justice, et offrir un peu d’espoir à ceux qui n’en ont plus.

Poker… le Président jette ses pions, augmente la mise, et pousse son adversaire à accepter une partie en trois manches. Une pomme s’écrase au pied d’un clocher, et l’écho de son flop retentit jusqu’à Boston. Une girouette grince sous les assauts d’un vent à décorner des bœufs… le ciel s’attriste, il va pleuvoir jusqu’aux élections. Et pendant tout ce temps, comme dans une pièce de Tennessee Williams, deux fillettes s’échappent de leur bungalow pour regarder une poignée d’hommes jouer au poker, la paix et l’avenir de tout un pays.

Ophélie Grevet ©

Illustration de William Gedney

23.04.2012

Les vagabonds de la Faim

henry-jules-jean geoffroy 2.jpgUn titre qui saute aux yeux, et l’envie de suivre la vie de Tom Kromer en plongée et au jour le jour dans la misère. Dans cette vie-là, on coule, on se noie, on ne remonte que très rarement à la surface.

Jack London, avec ses « Vagabonds du rail » donnait déjà un aperçu de la chienne de vie des ouvriers et mendiants de la fin du 19ième siècle. Les deux ouvrages ont un point commun, ils sont écrits à partir d’une expérience vécue. Point de littérature donc, mais une succession de jours à courir après un minimum vital, rarement obtenu.

Tom Kromer est étudiant en 1929, mais la crise ne lui permet pas de terminer ses études. Il se retrouve à la rue, proche de ceux que l’effondrement des bourses, écrase, piétine, laisse sur le carreau.

A la différence de Jack London, qui revient sur ses années de galère et pratique une certaine distanciation avec son expérience du monde des sans-abris, Tom Kromer travaille son manuscrit, comme un journal de bord.  Pour ne pas dormir dans le froid ou sous la pluie, l’auteur-mendiant prend la file des points de chute de l’Armée du salut. L’asile de nuit ou Mission, autant dire l’enfer avec un toit sur la tête.  Saleté, règlement, prosélytisme…  pauvres et « stiffs »** n’ont pas d’autre choix que d’accepter cet immonde donnant-donnant. Il faut prier Dieu pendant des heures, avant de vider un bol de soupe et de s’écrouler sur une paillasse pleine de vermine. Qui refuse d’écouter la prêcheuse, peut repartir le ventre vide dans la nuit. Villes aux venelles grouillantes de bacilles, trains qu’on attrape en marche au péril de sa vie, Tom Kromer n’écrira qu’un seul livre, la tuberculose ne lâchant pas si facilement ses ouailles.  Et la souffrance qui ronge la vie, n’en parlons pas.

L’auteur Tom Kromer pratique un style direct. Il cogne au foie. Uppercut droit ou gauche, son témoignage  nous essouffle, nous émeut surtout. Ecrabouiller trois pennys dans ses paluches gelées, crever ses engelures sur la face d’un monde trop égoïste, reconstituer le corps du gosse que les roues d’un  train viennent d’écrabouiller. La misère, ça coupe les pattes des vieux. Pour tracer la route, il faut des forces… et pour vieillir aussi. Mendier, c’est vivre au présent. Vivre non, plutôt survivre, et n’entrevoir qu’un seul futur : la fosse commune.

Ophélie Grevet©

 

* LES VAGABONDS DE LA FAIM, de Tom Kromer. Calmann-Lévy, éditeurs 1937

 

Extrait :

« Il fait nuit et nous sommes dans le bled. C’est là que nous avons élu domicile ce soir. Notre domicile est un tas d’ordures. Autour de nous, il y a des monticules de boîtes de conserves et de tessons de bouteilles. Entre ces monticules, des feux. A notre droite, un homme et une femme sont penchés sur un feu. Dans les bras de la femme, un bébé suffoque. Il a le croup. Il tousse jusqu’à ce que sa figure devienne noire. La femme a peur. Elle lui tape dans le dos. Pendant quelques instants il retrouve sa respiration, mais c’est tout. On ne guérit pas un bébé du croup en lui tapant dans le dos avec le plat de la main ». TOM KROMER©

**Stiff : Terme d’argot employé par l’auteur pour désigner ceux qui sont dans sa condition. Bien que le mot implique la misère, ce n’est pas un terme de mépris. Un stiff est un vagabond, un chômeur, un mendiant par nécessité. Comme il n’a pas d’équivalent exact en français, ni en argot, nous avons conservé le mot de slang original. (N.D.T)

* Illustration de Henri-Jules Geoffroy

20.04.2012

Et si ça vous dit...

 De tourner les pages d'un livre de Steinbeck:

                                                    Tendre jeudi revient*

« De nouveau, le printemps apporta un tendre jeudi. Le soleil fit un pas vers l’été et ouvrit les pétales des coquelicots. Bien avant midi, on sentait déjà l’odeur des lupins venant des champs qui entourent Fort Ord. C’était un très joli jour. … La marée fut très basse, se préparant pour les assauts du printemps. Le soleil sécha les algues et des millions de mouches vinrent se nourrir au bord de l’océan. »

 

* Tendre Jeudi (extrait)- auteur : John Steinbeck ©william gedney3.jpg

 

Photo de: William Gedney

09.04.2012

Jacques Hélian et son orchestre

"Les vagabonds du Jazz", autre époque et joie de vivre!