24.01.2012

André Kertész… une musique en noir et blanc

 Le photographe André Kertész naît à Budapest en 1894, et très vite la photo le passionne. Ses épreuves de jeunesse tournent autour de portraits de famille et de la vie simple des gens à la campagne.

En 1923, il débarque à Paris portant sur sa poitrine un vieil appareil photo, son grain de folie et son gagne-pain.

Des expositions, des rencontres et l’achat de son premier Leica, le photographe garde l’œil aux aguets sur tout ce qui l’entoure. On le dit inclassable, et très proches des artistes de Montparnasse. On le dit timide, solitaire… La vie culturelle parisienne bouillonne d’idées et d’audaces avant-guerre, d’inquiétudes aussi. En 1933 il rencontre Elisabeth, sa future épouse.

La fuite, toujours… Donner à voir, à sourire, à émouvoir, à aligner trente substantifs les uns après les autres, et à ressentir intensément le monde d’hier.

En 1937 le couple part aux Etats Unis. Son travail, dans les premières années à New-York, rencontre peu d’écho, on le dit incompris. Partout, les hommes s’échappent du quotidien en lisant… La lecture, un thème récurrent pour le photographe. Elle est prétexte à raviver le passé et à fixer l’image dans l’inter-temps, jusqu’aux frontières de l’absurde.

Observateur inlassable du libretto des jours, André Kertész continuera ses recherches, mettant invariablement en scène ce qui le touche, l’émeut, l’interpelle.

Variations de lumière sur un parc, nuage égaré au flanc d’une tour, envol d’une abeille ou lassitude d’une tulipe mélancolique… il nous laisse le témoignage d’une vie, qu’il lui arrivait de comparer à un « journal intime ». Son art du temps suspendu, n’est pas uniquement dans l’image. Quel secret possède-t-il pour nous restituer autre chose qu’une épreuve sur papier glacé ?

Sans doute un peu d’âme… l’âme d’un nuage, d’une fleur, d’un chien, d’un pauvre violoneux, chambre obscure de la poésie.

L’imaginaire du photographe André Kertész est à portée de rétines, et l’on s’y promènera toujours du bout des yeux.

Ophélie Grevet ©

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Une très belle rétrospective du travail photographique d’André Kertész s’est tenue, début 2011, au Jeu de Paume à Paris.

17.01.2012

Relire... Jean Guéhenno

Photo: Annick Girardin

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« J’ai peiné trente ans. J’ai été dur et plein de colère. J’ai regardé mes contemporains comme des ennemis, chaque fois que je les ai trouvés enclins à se contenter d’un monde où je ne reconnaissais moi-même que misère et injustice. J’ai brandi, comme des épées, quelques petites idées que, naturellement, je croyais sorties du plus profond de moi, quand peut-être elles m’étaient seulement soufflées par les furies du temps (...)

J’ai employé à me battre pour l’amour de l’humanité les années qui m’avaient été offertes pour gentiment et modestement aimer quelques créatures. J’ai mal vécu, mal aimé. Je n’en ai pas pris le temps. Trente fois, dès le mois de mars, les fleurs des amandiers m’ont averti. Je n’ai pas entendu leur avertissement. (...)

Et maintenant le beau temps est passé, les créatures, celles que je devais aimer, presque toutes, sont mortes. Et je reste avec mon amour de l’humanité, sans emploi, sans objet, sauf, pour l’assouvir, à reprendre, dès que cela sera de nouveau possible, et jusqu’à la mort, mon combat ».

Jean Guéhenno©

16.01.2012

En souvenir des jours heureux...

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Photo de Shelby Lee Adams



En ces temps-là (1981-1983), les artistes avaient encore un peu d’espoir, et France-Culture n’avait pas encore opéré ses larges coupes budgétaires dans le secteur de la création. On travaillait. Je me souviens, lors de l’enregistrement d’une dramatique réalisée par Jean-Jacques Vierne, de la douceur et du sourire omniprésent de Rosy Varte. Sa présence mettait de la bonne humeur dans tout le studio.

Au-revoir, Rosy…

Nous, nous restons par ici.

Momentanément sur terre, pris entre bien des mots, des chagrins et des absences, nous restons :

 

                                                           Le puits de Lumière

 

La fée des insomnies

L’agonie des vieux jours

La rue aux moisissures

Et les cafards miracles…

Et la nuit,

La nuit qui ronge

Ronde comme un vers

Le ventre des humiliés

 

L’œil errant du chien jaune

Le concerto a capella des âmes

Le fanion rouge sur les vagues

Et le cri,

Et le De Profundis,

Clarté, Ô pâle clarté…

Clarté faiseuse de cendres,

Croire encore à ta lumière

Ou tomber dans un puits

Au mitan du jardin.

 

Ophélie Grevet © (2012)

15.01.2012

L'homme au chapeau...

 

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Max Jacob ( tête nue pour une fois) lisant sur un banc. Autour de lui: Modigliani, André Salmon et Manuel Ortiz de Zarate. Photo de Picasso 1916


Max Jacob: poète né à Quimper

le 11 juillet 1876

Décédé au Camp de Drancy 
le 5 mars 1944

Poème de Max Jacob

Le ciel et la mer couleur de tableau d'école
quand le torchon a passé pour essuyer la craie !
Y-a-t-il un batelier vers la rive opposée
vers le petit hôtel du promontoire.
L'eau est profonde et noire,
les rochers sont trop hauts et lisses pour un abri,
le jour est sous l'abat-jour des nuages.
La terre ondule... Qu'est-ce qui se passe
dans les bols de moire
qu'est-ce qui rôde autour de ces cônes déserts
"J'entends ce que vous dîtes quand vous ne parlez pas."
Une cape sombre! Une guérite verte
la nuit bientôt: il fera dur en mer.

Max Jacob.

14.01.2012

Gustave Caillebotte

Musique: Debussy.

13.01.2012

Un peu de verdure...

Les animaux, les arbres, les rivières... et le désarroi souvent malicieux dans les yeux des enfants. Autour des villes et des centrales nucléaires, ça doit mousser tout pareil, non?

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Une photo de Achim Lippoth