06.03.2009
Jack London... une voix dans l'abîme
L'enfance retient "Croc blanc"... l'aventure des hommes et des loups. Or, plusieurs livres de Jack London sont écrits sur le marbre de l'expérience humaine, dérives et courses à la survie, dans un monde souvent hostile. Une loterie banale, basée sur l'injustice. Les forts gagnent, les autres sont nés perdants.
Au départ, "Le peuple de l'abîme" est conçu sous la forme d'un reportage. Jack London écrit, il prend aussi des photographies.
Ce peuple est replié sur lui-même, et l'auteur comprend que sa mission n'est réalisable, qu'à une seule condition: il doit se faire "adopter", et pénétrer par la petite porte de la misère. Pour commencer, il troque ses vêtements contre des chiffons, et s'enfonce dans la nuit des pauvres, du quartier de l'East End, à Londres.
Nous sommes en 1902, la révolution industrielle bat son plein, et les riches n'ont pas à s'en plaindre. A l'autre bout de la ville, des milliers d'êtres humains ne voient jamais le soleil. Ils sont pauvres, miséreux, et condamnés à la souffrance. Taudis, famine, armée du salut... chômeurs et travailleurs pauvres, n'ont pas plus d'espérance que des damnés. Ce "marche ou crève" est atroce, révoltant. Ainsi, les sans-abris sont obligés de tourner toute la nuit, car il est interdit de s'endormir sur les bancs de Londres.
On doit lire ou relire ce livre. Il nous éclaire sur l'inaptitude récurrente des systèmes et des dirigeants à aider les plus faibles. A force de penser l'humain comme seule valeur marchande... on détruit la vie. Oui, la misère peut tuer, autant qu'une guerre, et plus même.
Ophélie Grevet ⓒ 6 mars 2009
Extrait:
..." Lorsqu'il y a plus d'hommes pour travailler qu'il n'y a de travail à faire, tous ceux qui se trouvent en surplus sont relégués au nombre des incapables, et sont en tant que tels condamnés à une destruction progressive et massive. Le but des chapitres qui vont suivre sera de prouver comment on élimine, comment on détruit les incapables en les contraignant à vivre de façon dégradante, mais encore de démontrer comment les forces de la société industrielle telle qu'elle existe aujourd'hui renouvelle constamment et sans aucun complexe le nombre des
sans emploi". Jack London ⓒ (Le peuple de l'abîme)
23:45 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : littératurepoésieécriturecritique










Commentaires
---> Bonjour chère Ophélie,
Des mots en livres pour nous faire découvrir la réalité de ceux qui ont souffert de n'avoir pas pu suivre la révolution industrielle. Un beau plaidoyer encore d'actualité en cette époque puisque l'argent semble même se fracasser sur ceux qui travaillent, alors que dire de ceux qui n'ont pas la possibilité ou l'opportunité de gagner une vie ?
Merci de nous le rappeler par ce bel ouvrage de Jack London, bien tendrement, Jack qui vous souhaites un bon week-end.
Ecrit par : © Jack MAUDELAIRE | 07.03.2009
Bonjour,
Je suis critique d'art et je travaille sur le sujet des artistes français d'origine hongroise. Au court de mes recherches j'ai tombé sur votre blog avec la photo de Sigur Sigismond Wittman. J'aimerais savoir si vous avez d'autres documents concernant ce peintre? Est-ce que j'ai le droit reproduire cette photo qui est autant plus intéressant pour moi que je possède deux autoportraits de lui.
Je vous félicite pour votre blog qui aborde des sujets intéressants
Merci d'avance pour votre réponse
Julia Cserba
Ecrit par : cserba julia | 23.03.2009
Bonjour,
Effectivement, j'ai plusieurs documents concernant Sigur Wittman.
Je vous autorise à reproduire cette photo, prise
au Danemark.
A l'occasion, si vous souhaitez me rencontrer, nous pourrions parler de Sigur, et peut-être échanger quelques infos.
Cordialement.
OG
Ecrit par : ophelie grevet | 23.03.2009
Bonjour,
Excusez-moi pour cette réponse tardive mais à tort, j'ai pensé recevoir votre réponse sur mon adresse e-mail. C'est seulement en revisitant votre blog aujourd'hui que j'ai retrouvé votre réponse gentille et fortement intéressante. J'aimerais vous rencontrer le plus rapidement possible et parlé de Sigur Wittman d'autant plus que j'ai un projet d'exposition.
Cordialement
Julia
Ecrit par : cserba julia | 26.04.2009
Désolée... les commentaires passent par Blogspirit, et la seule adresse mail que j'aie pu trouver sur internet est non valide. Vous pouvez me joindre aussi sur: ogs@live.fr
Ecrit par : ophelie grevet | 26.04.2009
Merci, et je vous ai envoyé un message sur votre adresse e-mail.
Julia
Ecrit par : cserba julia | 26.04.2009
besoin de verifier:)
Ecrit par : Nina_Tool | 19.09.2009
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