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<title>Ophélie Grevet: Espace et Lumière</title>
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<subtitle>De l'écriture, ici ou là... une présence silencieuse</subtitle>
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<title>Chat râle</title>
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<updated>2009-10-09T16:05:10+02:00</updated>
<published>2009-09-09T09:39:00+02:00</published>
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<summary> Vous avez dit taxe écolo? Sauvons la planète... ah, oui! A ce propos, c'est...</summary>
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Vous avez dit taxe écolo? Sauvons la planète... ah, oui! A ce propos, c'est franchement pas la joie. Une vidéo montre l'abattage cruel des bovins dans l'Est de la France; bon appétit les enfants! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est franchement dégoûtant... je ne veux pas regarder la vidéo, car je ne supporte pas de voir souffrir les animaux. Comment l'homme est-il arrivé à un tel degré d'inhumanité? L'argent. Le profit, le toujours plus, au détriment des plus faibles. Ces gens qui nous mettent de la viande en barquette ont-ils des tripes? Je ne le crois pas, ils sont lâches. Oui, des pleutres. Qu'on se souvienne de ce taureau et de cette vache qui s'étaient sauvés d'un abattoir au mois de juin, et de la Fondation Brigitte Bardot qui a pu soustraire le taureau à ses bourreaux. Une goutte d'eau dans une mer de sang! Bref, ces abattoirs devraient être sérieusement contrôlés. Sinon, que les Etats commercialisent enfin ces &quot;fameux&quot; comprimés à base de protéines et que l'on cesse ce business honteux et sanglant. Je ne suis pas végétarienne, mais à l'annonce de telles souffrances sur des êtres vivants, je le regrette. A quoi bon, nous raconter que la planète doit être sauvée...? L'homme est un charognard, et je doute fort qu'il ne change un jour.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ophélie Grevet ⓒ
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<title>DISPARITION</title>
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<updated>2009-08-08T22:06:13+02:00</updated>
<published>2009-08-08T22:06:13+02:00</published>
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<summary> Toi sans moi, tout a une fin  La terre peut fermer boutique  Et les...</summary>
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Toi sans moi, tout a une fin&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La terre peut fermer boutique&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et les trembles rêver du Mexique&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Chuchotements... il pleut.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ophélie Grevet-Soutra ⓒ
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<title>LA PAC</title>
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<updated>2009-05-24T19:38:07+02:00</updated>
<published>2009-05-24T19:38:07+02:00</published>
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<summary> Petites vaches au pré... C'est comme ça qu'on les aime! </summary>
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Petites vaches au pré... C'est comme ça qu'on les aime!
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<title>Jack London... une voix dans l'abîme</title>
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<updated>2009-03-22T10:16:18+01:00</updated>
<published>2009-03-06T23:45:00+01:00</published>
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<summary> L'enfance retient &quot;Croc blanc&quot;... l'aventure des hommes et des loups. Or,...</summary>
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L'enfance retient &quot;Croc blanc&quot;... l'aventure des hommes et des loups. Or, plusieurs livres de Jack London sont écrits sur le marbre de l'expérience humaine, dérives et courses à la survie, dans un monde souvent hostile. Une loterie banale, basée sur l'injustice. Les forts gagnent, les autres sont nés perdants.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au départ, &quot;Le peuple de l'abîme&quot; est conçu sous la forme d'un reportage. Jack London écrit, il prend aussi des photographies.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce peuple est replié sur lui-même, et l'auteur comprend que sa mission n'est réalisable, qu'à une seule condition: il doit se faire &quot;adopter&quot;, et pénétrer par la petite porte de la misère. Pour commencer, il troque ses vêtements contre des chiffons, et s'enfonce dans la nuit des pauvres, du quartier de l'East End, à Londres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous sommes en 1902, la révolution industrielle bat son plein, et les riches n'ont pas à s'en plaindre. A l'autre bout de la ville, des milliers d'êtres humains ne voient jamais le soleil. Ils sont pauvres, miséreux, et condamnés à la souffrance. Taudis, famine, armée du salut... chômeurs et travailleurs pauvres, n'ont pas plus d'espérance que des damnés. Ce &quot;marche ou crève&quot; est atroce, révoltant. Ainsi, les sans-abris sont obligés de tourner toute la nuit, car il est interdit de s'endormir sur les bancs de Londres. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On doit lire ou relire ce livre. Il nous éclaire sur l'inaptitude récurrente des systèmes et des dirigeants à aider les plus faibles. A force de penser l'humain comme seule valeur marchande... on détruit la vie. Oui, la misère peut tuer, autant qu'une guerre, et plus même. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ophélie Grevet ⓒ 6 mars 2009&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Extrait:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;...&quot; Lorsqu'il y a plus d'hommes pour travailler qu'il n'y a de travail à faire, tous ceux qui se trouvent en surplus sont relégués au nombre des incapables, et sont en tant que tels condamnés à une destruction progressive et massive. Le but des chapitres qui vont suivre sera de prouver comment on élimine, comment on détruit les incapables en les contraignant à vivre de façon dégradante, mais encore de démontrer comment les forces de la société industrielle telle qu'elle existe aujourd'hui renouvelle constamment et sans aucun complexe le nombre des &lt;br /&gt;sans emploi&quot;. Jack London ⓒ (Le peuple de l'abîme)
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<title>Droit de réponse d'une Charolaise</title>
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<updated>2009-02-20T23:34:31+01:00</updated>
<published>2009-02-20T23:32:00+01:00</published>
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<summary> La bourse s'effondre chaque jour un peu plus... ET ALORS?  A la Une d'un...</summary>
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La bourse s'effondre chaque jour un peu plus... ET ALORS?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A la Une d'un quotidien régional, l'histoire écoeurante de cet agriculteur qui a laissé mourir de faim une vingtaine de vaches charolaises. On raconte que cet homme est malade. Pourtant l'énorme exploitation qu'il partage avec son frère, aurait pu embaucher... créer un emploi, pour éviter le pire. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vache numéro 2526 BA:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&quot;Tout a commencé l'été dernier... L'une d'entre nous a perdu la vie dans des circonstances, restées obscures. Nous sommes 800 dans le cheptel de cet agriculteur de l'Auxois. Avant le Concile de Trente, on aurait dit 800 âmes. Aujourd'hui nous ne sommes qu'un troupeau de vaches.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je fais partie des survivantes... Hier, les hélicoptères de la gendarmerie ont tourné au-dessus des prés, pour en retrouver d'autres. Ils ont trouvé les carcasses de mes 20 copines dans un secteur, rapidement délimité par un périmètre de sécurité. La peste, on s'en méfie dans ces vertes vallées. Alors, deux précautions valent toujours mieux qu'une.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A l'abandon, depuis des mois, je les ai vus arriver de loin.  Ils nous ont apporté des bottes de foin et une citerne d'eau. Ruminer, enfin! J'avais oublié le goût du fourrage... L'hiver, l'herbe est rase. Par moins 20, plus rien à brouter. Ventre creux, mon museau fume comme une cheminée, et mon coeur s'arrête, par intermittence. Nos sabots gèlent dans les parcelles désertes. Pas un chat dehors, sauf nous. Les haies sont nues, pas une feuille dans les arbrisseaux, et les mousses ont une saveur amère. Le givre colore tout en blanc... Immaculés, le ciel et la terre se mélangent. Pas un tracteur, à l'horizon. A cette saison, on ne les sort pas. Même les vers de terre ont disparu, bien au chaud dans les taupinières. J'ai froid, j'ai faim... des glaçons pendent au bout de mes cils, j'ai mal aux yeux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je suis née, pour vous donner des protéines... C'est à dire qu'on m'engraisse, pour me tuer. En tournedos, vous m'appréciez. Hum, hum... Viande rouge, cuite à point ou bleue, au miroton ou à la bourguignonne, douceur exquise dans votre palais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A présent, je ne ressemble plus à rien. J'ai l'air d'une vache maigre, comme en Inde. Au moins, elles sont aimées, là-bas! Alors que nous... Bonnes à bouffer, sans plus. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Oh, j'oubliais, nous sommes les &quot;stars&quot; du salon de l'agriculture. Un sourire pour la photo, merci. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils vont me soigner, et si je reprends de belles formes... d'ici quelques mois, j'aurai l'honneur de finir dans votre assiette, accommodée d'une plâtrée de haricots verts. Laissez-moi, à présent... je dois retourner avec les autres, dans ma stabulation&quot;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bon, une vache qui s'exprime... c'est un peu délirant, je vous l'accorde. Pourtant, cette histoire est vraie. Et si les vaches ne parlent pas, je crois sincèrement, qu'elles savent pleurer. Veau, vache, cochon, homme... vous avez dit Homme?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ophélie Grevet ⓒ 20/02/2009
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<title>Le cheval couché de XAVIER GRALL</title>
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<updated>2009-02-14T00:34:31+01:00</updated>
<published>2009-02-14T00:34:31+01:00</published>
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<summary>  - Le cheval couché de XAVIER GRALL (extraits... livre de poche, 1975)...</summary>
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&lt;br /&gt;- Le cheval couché de XAVIER GRALL (extraits... livre de poche, 1975)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&quot; Oyez , bonnes gens! Voici une poésie haletante, écartelée, lyre tendue jusqu'à craquer. Une poésie bâtie dans le quotidien des travailleurs sans travail, des veuves sans amour, des amours sans abri, des chiens, des ploucs, des bistrots.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;... Nous portons dans nos têtes des siècles sacrifiés. Nous ramons à contre-courant dans un lac obscur, nous sommes les rameurs malades d'un océan vaincu à reconquérir, nous sommes les Celtes morts qui s'en reviennent, les chiens bleus et brisés de la route latine, nous sommes les fugitifs de la grande ombre asilaire, nous sommes partis sur nos barques sensibles, nous sommes les boucaniers insolents et les pilleurs de nos propres épaves, nous savons les algues et les marées... Maudits sans doute, mais il nous faut aller jusqu'au bout de la malédiction, afin de toucher enfin, libres, aux rives radieuses d'innocence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;... Alors ceci: la bretonnité qui se tâte, s'éprouve, s'exaspère en se cherchant en dehors des règles et des parapets, serait-elle semblable à la négritude tragique de Harlem ou de Port-au-Prince? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;... A la fin, qui sommes-nous donc? Des voyants ou des aveugles? Des êtres libres ou de pitoyables aliénés?&quot;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;XAVIER GRALL ⓒ&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Journaliste, romancier, poète, Xavier Grall est parti trop tôt... &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Chantre d'une Bretagne Libre, vivante et sans complexe, il refuse la censure et autres encroûtements dictés par un pouvoir parisien centrifuge. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un beau jour, il quitte Paris, ses petits fours et ses embrouilles professionnelles pour retrouver sa terre natale, amante palpitante de &quot;vieux frémissements celtiques&quot;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le cheval de Xavier Grall, s'ouvre sur un véritable pamphlet à l'encontre du fameux &quot;Cheval d' Orgueil&quot; de Pierre-Jakez Hélias. L'auteur préfère laisser les purs-sang au Breton bon teint, professeur agrégé et chroniqueur à Ouest-France, pour nous parler d'un petit cheval ivre de liberté. Son cheval à lui, est couché... haridelle claudiquant et trottant au bord des falaises,  qui aimerait tant courir à la mer, pour nous transporter hors du train-train des bien-pensants ou bienfaisants d'un monde de plus en plus absurde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un univers qui, dès l'ouverture du chapitre: &quot;La rage des jours&quot;, coule comme du bon lait poétique. Pas un mot ne bute, se fracasse ou s'écrase sur la façade du bel effet. Couleurs et plaies, sur le rivage... là où la mer, n'en finit plus de danser et de chanter, ses archipels ressemblent à la palette de Vincent Van Gogh; mélange à lire, par jours de pluie. Une élégie à la Vie, que Xavier Grall, distille avec passion et sans parcimonie, dans un livre toujours brûlant d'actualité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ophélie Grevet ⓒ
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<title>Le plafond peint</title>
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<updated>2009-02-10T14:44:35+01:00</updated>
<published>2009-02-10T14:44:35+01:00</published>
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<summary>  Le hall de gare. Rezvani expose ses visions sur le monde des voyages. Il...</summary>
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&lt;br /&gt;Le hall de gare. Rezvani expose ses visions sur le monde des voyages. Il offre à des passagers très pressés une série de fresques vers qui, il fait bon se tordre le cou. On lève la tête, et là... machines, boulons, ferraille en abondance, sous les ogives en acier blanc de la gare de l'Est, véritables balancelles pour quelques piafs égarés, dévident à profusion l'histoire... toute l'histoire, ou presque, du chemin de fer en quelques coups de pinceau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au sol, il y a du transit dans l'air. L'illusion marche à fond les manettes. L'impression générale se focalise sur un seul mot: départ. Zut, encore raté... Ce départ, avec tout ce qu'il véhicule comme chamades, pointillés, coeurs battants et autres impatiences, n'est malheureusement pas au rendez-vous. Comme toujours, ce matin, il y a ceux qui partent et ceux qui rêvent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une heure plus tôt, au jardin du Luxemboug, un clochard semblait collé à son banc, comme un gosse sur les genoux de sa mère. Depuis, il y roupille encore. Pas un regard vers lui, promenade au seuil de l'humanité. Les jambes des passants... marche à deux temps, sans Kreutzer. &lt;br /&gt;Un coeur de feuilles mortes. Sonate et soeur d'une réalité à dessiner, plus tard. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En cette fin d'été, le soleil frappe en diagonale, quelques massifs de fleurs aux coloris étrangement triomphants. Un soleil éreinté, épuisé d'été, il faut le voir pour y croire! Il fait si jaune parmi ces fleurs... Un jaune primitif et décadent: le jaune des conquêtes de l'homme. Ce jaune, que tous appellent de leurs voeux depuis que le monde est monde; l'OR. C'est donc pour ça que les hommes s'entretuent? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un touriste s'approche du bassin, se plie en deux, pose un genou sur le sable, puis étire ses bras vers l'eau. Une carpe dans l'objectif, raté. Le souvenir promet d'être flou... C'est à cet instant précis, qu'une paire de lunettes en écaille de tortue traverse la perspective, plonge dans l'eau stagnante, remonte et, disparaît. Un touriste engoncé dans un costume saumon quitte la pose sans regrets. Il s'éloigne du bassin, déçu, bras ballants, zigzaguant, marchant à l'aveuglette. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hier, à la radio, un certain V parlait de Bounine comme d'un écrivain sans complexe. Un auteur russe dont l'érotisme serait direct, franc, sans censure, et toujours fortement lié à la trame de ses oeuvres romanesques. Pardon, mais je lis Bounine et, au-delà de cet érotisme dont parle V, je me plais à vagabonder dans ses &quot;Allées sombres&quot;, comme dans un univers riche en pure poésie. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une halte chez Gallimard, plus d&quot;Ombre&quot;. &quot;Le témoin&quot; de Célan, épuisé, lui aussi... dommage. Alors, choisir un livre de Thomas Bernhard, à défaut... et, revenir sur mes pas. Boulevard Saint-Germain, un chien de chasse court dans tous les sens. Il a encore son collier, avec sa laisse, au bout. C'est si facile de larguer un animal. &lt;br /&gt;L'humain me donne la nausée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Plus loin, je croise cet(te) auteur(e), Claire quelque chose... pressée, la dame semble réellement en vrac. Moi aussi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Incertitude. Dérapage. Pollution. Pour fuir tout ça, je saute dans un bus, direction la gare de l'Est.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et voici, comment ou pourquoi, en cette fin d'été au soleil épuisé, je scrute de fond en comble les plafonds d'un gare bien connue, histoire d'imaginer trente-six voyages.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ophélie Grevet ⓒ (Extrait, tous droits réservés)
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