25.06.2008

HELENE RODIER DITE JUJU 3

Dernier acte...


Le mois d'avril 2002... Une date mémorable, surtout en pleine bataille pour les présidentielles. Pour le théâtre, ce genre d'événements c'est un peu comme la Coupe du monde, en moins marrant... ça vous scie l'ambiance en moins de deux, même au printemps.

Par chance, nous avions des comédiennes extraordinaires.

-Hélène Rodier jouait sa gavoche tous les soirs, avec générosité et une tonne de talent. Du texte, elle en avait jusque-là... des tirades à balancer sans temps mort.
Une véritable épopée. Au nez et à la barbe des spectateurs.

-Sabine Lenoël apportait le mystère... Grande, mince et jolie, son rôle de bourgeoise tenait à un fil d'un bout à l'autre de la pièce. Un rien, et le vernis tombe, s'écaille. Une performance de comédienne, car il faut tenir bon, jusqu'à
la fin.

-Christine Weber jouait la gardienne. Là aussi, un rôle pas très évident. Il lui faut entrer, sortir, étudier chaque déplacement en fonction des deux autres.

Nous avions surtout, un metteur en scène formidable, Michel Furet...

Oh, Michel veillait au grain... Sa petite équipe pouvait compter sur lui. Présent tous les soirs, il écoutait, rassurait, protégeait ses actrices. Michel Furet s'est beaucoup démené pour que ce spectacle ait du succès.
Alors, en 3 semaines de programmation à l'Aktéon, le public est venu.

La presse, comme le Parisien, a sorti une page... mais n'oublions pas que Hélène Rodier, speakrine sur Canal+, était notre vedette. "Il faut rendre à César..."

Laurent Ruquier, sur RTL, a très aimablement invité Hélène à dire une brève sur le spectacle. Oh, une brève seulement: le nom des comédiennes, metteur en scène et auteur, ayant sauté au passage. Molière ou César, monsieur Ruquier?

Sur Radio Aligre, dans l'émission Eclats de dire... les trois coups, il était temps. Enfin, on parlait de théâtre. Les comédiennes et Michel Furet, invités par Simone Alexandre et sa consoeur, ont pu s'exprimer à coeur ouvert. Clin d'oeil et souvenir... à Hélène, Christine et Sabine, puisque Michel est décédé, la chanson de Damia: les Oiseaux. On entendit ce jour-là, dans les studios d'Aligre et, Damia et, Higelin... Et cette musique-là, collait bien avec le Dépôt.

Que puis-je dire d'autre?
Une pièce n'a de raison d'être que dans l'enceinte d'un théâtre.
A propos d'enceinte ou de mur...
Toute la pièce se passe dans une cellule. On a vite fait de tourner en rond dans un endroit pareil. Lit, lavabo, toilettes... lit, et porte close avec un oeilleton dedans. Et six ans plus tard... Hélène rêve encore de jouer Juju, Sabine a poursuivi sa carrière de comédienne, Christine aussi. Michel lui, est aux premières loges, tout là-haut. Et moi, je continue à écrire... pour le théâtre.

C'est tout? Minute, papillon...
Avant de tourner définitivement la page de cette pièce "Le Dépôt", je tenais à remercier du fond du coeur, Michel, Sabine, Hélène, Christine, Simone et, ce journaliste du Parisien, dont j'ai oublié le nom... tous ceux qui ont donné à mon texte un peu de chair. Une incarnation. De la consistance oui, et du beau théâtre.

ⓒ Ophélie Grevet.

(Ces 3 textes sur le Dépôt ont été publiés sur LGDM)

"Quand je vis, je ne me sens pas vivre, mais quand je joue, c'est là que je me sens exister". Antonin Artaud.